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FICHE 26 / 60

Du terme « événements d’Algérie » à la reconnaissance officielle de la guerre

Explorer ce thème dans le cours : La guerre d’Algérie : mémoires multiples, histoire conflictuelle

Les gouvernements français parlent d’abord d’« événements », d’« opérations de maintien de l’ordre » ou de « pacification ». Puisque l’Algérie est juridiquement formée de départements français, reconnaître une guerre reviendrait à admettre la nature politique du conflit et à traiter le FLN comme un adversaire. Le choix des mots remplit donc une fonction stratégique. Il permet aussi d’utiliser les pouvoirs de police et des dispositifs d’exception tout en maintenant la fiction d’une affaire intérieure.

En France, la loi du 18 octobre 1999 remplace officiellement l’expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » par « guerre d’Algérie ou combats en Tunisie et au Maroc ». Ce changement tardif a une portée symbolique et juridique : l’État nomme enfin le conflit vécu par les soldats et les civils. Il ne règle pas pour autant le contenu de toutes les mémoires, mais il modifie le cadre public du débat.

Plusieurs dates commémoratives coexistent. Le 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu, est défendu par la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie et devient en 2012 une journée nationale du souvenir. D’autres associations le refusent parce que les violences ont continué après cette date. Le 5 décembre, journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, est institué en 2003 sans correspondre à un événement de 1962. Le 25 septembre est consacré à l’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives. La coexistence de ces calendriers traduit l’absence d’un récit de clôture partagé.