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FICHE 26 / 45

Sécurité collective : organiser la paix plutôt que compter seulement sur l’équilibre des puissances

Explorer ce thème dans le cours : Faire la paix par la sécurité collective : les actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006)

Dans un système classique d’équilibre, les États assurent leur sécurité par leurs propres forces et par leurs alliances. La sécurité collective repose sur une logique différente : tous les membres d’un système s’engagent à réagir contre l’acteur qui rompt la paix. Une première tentative majeure apparaît avec la Société des Nations après la Première Guerre mondiale. Ses limites et son incapacité à empêcher les agressions des années 1930 conduisent à repenser le dispositif après 1945. La Charte des Nations unies établit alors un système beaucoup plus institutionnalisé. Le recours à la force est en principe interdit dans les relations internationales, sauf notamment en cas de légitime défense ou lorsque le Conseil de sécurité autorise une action conformément à la Charte. Le Conseil de sécurité occupe donc une position centrale. Il peut constater une menace contre la paix, imposer des sanctions, créer une opération de maintien de la paix ou autoriser l’usage de la force.

Cependant, cinq États — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — disposent d’un siège permanent et d’un droit de veto. Ce dispositif traduit un compromis fondamental : construire un droit commun sans ignorer la réalité de la puissance. Il explique aussi la principale faiblesse du système. Lorsque les grandes puissances s’accordent, le Conseil peut agir fortement. Lorsqu’elles s’opposent, l’organisation peut être paralysée.