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En mars 2003, les États-Unis et plusieurs alliés envahissent l’Irak. L’administration américaine avance principalement la menace représentée par les armes de destruction massive irakiennes, ainsi que la nécessité de faire respecter les obligations de désarmement et, plus largement, de renverser le régime de Saddam Hussein. Contrairement à 1991, l’intervention ne bénéficie pas d’une nouvelle autorisation du Conseil de sécurité dont la portée coercitive serait acceptée par l’ensemble de ses membres. Sa légalité et sa légitimité internationales sont donc fortement contestées. Militairement, le régime irakien s’effondre très rapidement. Le succès tactique semble confirmer l’immense supériorité américaine. Cependant, les armes de destruction massive attendues ne sont pas retrouvées sous la forme qui avait justifié politiquement l’intervention. Le problème central devient surtout celui de l’après-guerre. Renverser Saddam Hussein ne signifie pas disposer d’institutions capables d’administrer immédiatement le pays. La guerre de 2003 montre donc les limites d’une conception réduisant la victoire à la destruction de l’appareil militaire adverse.