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En 2000, Kofi Annan confie à un groupe présidé par le diplomate algérien Lakhdar Brahimi une réflexion approfondie sur les opérations de paix. Le rapport Brahimi, publié en août 2000, part des échecs des années 1990. Il insiste sur plusieurs exigences : mandats clairs et réalisables, déploiement plus rapide, renseignement et analyse renforcés, règles d’engagement adaptées et adéquation entre les objectifs fixés et les moyens disponibles. L’un de ses principes les plus importants concerne l’impartialité. Être impartial ne signifie pas traiter de manière identique celui qui respecte un cessez-le-feu et celui qui le viole volontairement. Une opération doit appliquer les mêmes règles à tous, mais elle doit pouvoir agir lorsque son mandat ou les populations sont directement menacés. Cela conduit au développement d’un maintien de la paix plus robuste. Cependant, cette robustesse comporte elle-même un risque : si une mission devient un acteur militaire ordinaire du conflit, elle peut perdre le consentement nécessaire à son action. Le rapport Brahimi exprime donc une tension permanente entre force, impartialité et légitimité.