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L’objet conclusif permet de retrouver presque toutes les notions étudiées dans le thème. D’abord, la guerre reste politique. Israël, les États arabes, les Palestiniens, les États-Unis, l’Iran ou les organisations armées utilisent la force pour modifier un territoire, une sécurité, un régime ou un rapport de puissance. Clausewitz demeure donc pertinent. Ensuite, la victoire militaire ne se confond jamais automatiquement avec la paix. La guerre de 1967 donne à Israël une supériorité territoriale nouvelle sans régler le conflit. La guerre de 1973 ouvre paradoxalement la voie à la paix israélo-égyptienne. La coalition de 1991 libère le Koweït sans résoudre le problème irakien. La guerre de 2003 renverse Saddam Hussein mais ouvre une phase de conflictualité différente.

Faire la paix exige par ailleurs un compromis précis. Camp David fonctionne parce que l’Égypte et Israël identifient un échange clair : restitution du Sinaï contre reconnaissance et paix. Oslo échoue notamment parce que les questions les plus difficiles sont différées. Une paix durable suppose également des garanties. Les États-Unis jouent un rôle décisif dans la paix israélo-égyptienne. L’ONU fournit des résolutions, des normes, des missions et une légitimité, mais son efficacité dépend de la volonté des grandes puissances. Les acteurs non étatiques, de leur côté, ne suppriment pas les États. L’OLP, le Hamas, le Hezbollah, Al-Qaïda ou Daech peuvent transformer les conflits. Pourtant, les États conservent l’essentiel de la capacité à reconnaître une souveraineté, conclure un traité ou mobiliser des ressources à grande échelle.

Enfin, une région peut connaître des paix partielles sans paix générale. L’Égypte et la Jordanie ont établi une paix durable avec Israël. Les accords d’Abraham ont normalisé d’autres relations. La question palestinienne reste néanmoins non résolue. Enfin, le Moyen-Orient démontre que la paix n’est jamais seulement l’inverse de la guerre. Elle constitue un ordre politique à construire. Elle suppose des frontières, des droits, des garanties, des institutions, des acteurs capables de représenter leurs sociétés et une perception minimale selon laquelle le compromis coûte moins cher que la reprise de la violence. La grande articulation du thème peut ainsi être résumée : Clausewitz explique pourquoi la force reste politique ; Westphalie montre comment le rapport de force peut devenir compromis ; l’ONU cherche à institutionnaliser la sécurité ; le Moyen-Orient révèle combien ces trois logiques restent difficiles à réunir durablement.