Le système de sécurité collective repose sur une contradiction constitutive. L’ONU affirme des règles communes, notamment l’interdiction générale du recours à la force. Pourtant, son institution centrale de sécurité — le Conseil de sécurité — dépend de cinq grandes puissances disposant d’un droit de veto. L’efficacité du système varie donc selon la configuration politique. Lorsque les grandes puissances convergent, l’organisation peut agir rapidement, imposer des sanctions ou autoriser une intervention. Lorsqu’elles sont divisées, le veto peut provoquer une paralysie. Le Kosovo en 1999 illustre une autre difficulté. L’OTAN intervient sans autorisation explicite du Conseil. Les partisans de l’intervention mettent en avant la protection des populations ; ses adversaires soulignent la violation du cadre juridique et le risque de créer un précédent. La guerre d’Irak de 2003 soulève à son tour la question de l’action d’une grande puissance lorsqu’elle ne dispose pas d’une autorisation nouvelle et incontestée du Conseil pour son intervention. La sécurité collective ne constitue donc pas un gouvernement mondial. Elle est un mécanisme de coordination des puissances, efficace lorsque leurs intérêts peuvent être rendus compatibles.
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