Le Moyen-Orient constitue un espace géopolitique où se superposent plusieurs facteurs de conflictualité : frontières, nationalismes, rivalités de puissance, ressources énergétiques, lieux saints et interventions extérieures. La région ne forme pas un ensemble politique homogène. Des États très différents y poursuivent leurs propres intérêts : Israël, Iran, Turquie, Égypte, Arabie saoudite, monarchies du Golfe, Irak ou Syrie. La question israélo-palestinienne possède une importance particulière, mais elle n’explique pas seule toutes les tensions régionales. Le pétrole et le gaz donnent au golfe Persique une importance mondiale. Le détroit d’Ormuz constitue un passage stratégique majeur. Les États-Unis deviennent progressivement la principale puissance militaire extérieure de la région après le recul britannique. La Russie, les puissances européennes et plus récemment la Chine disposent également d’intérêts spécifiques. Les acteurs non étatiques jouent parallèlement un rôle majeur : OLP, Hamas, Hezbollah, Al-Qaïda, Daech ou différentes milices. Le Moyen-Orient constitue ainsi un système où les échelles locale, nationale, régionale et mondiale s’emboîtent. Une guerre locale peut déclencher une intervention étrangère ; une rivalité régionale peut utiliser des groupes armés comme intermédiaires ; une grande puissance peut modifier un équilibre qu’elle ne maîtrise ensuite qu’imparfaitement.
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