Les crises du Rwanda, de Srebrenica et du Kosovo relancent dans les années 1990 une question fondamentale : que faire lorsqu’un État commet, encourage ou laisse commettre des crimes massifs contre sa propre population ? Une commission internationale propose en 2001 la notion de responsabilité de protéger, souvent désignée par l’acronyme R2P. Le Sommet mondial de l’ONU de 2005 en adopte une version encadrée. Le principe comporte trois dimensions. Premièrement, chaque État doit protéger sa population contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité. Deuxièmement, la communauté internationale doit aider les États à exercer cette responsabilité. Enfin, si les moyens pacifiques échouent manifestement et si les autorités ne protègent pas leur population, une action collective peut être décidée par le Conseil de sécurité conformément à la Charte. La R2P ne donne donc pas à chaque État un droit général d’intervenir militairement où il le souhaite. Elle cherche à concilier deux principes : souveraineté et protection des populations. Sa portée dépend cependant toujours du Conseil de sécurité. Les mêmes divisions politiques qui limitaient auparavant l’action internationale restent donc possibles.
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