Après la chute de Saddam Hussein, les États-Unis et leurs alliés doivent administrer un pays dont les institutions sont profondément désorganisées. Deux décisions deviennent particulièrement controversées : la débaasification de l’administration et la dissolution de l’armée irakienne. Elles visent à éliminer les structures de l’ancien régime, mais contribuent aussi à exclure de nombreux cadres disposant d’expérience administrative ou militaire. Une insurrection se développe. Les forces américaines ne font plus face à une armée régulière clairement identifiable, mais à une pluralité de groupes armés utilisant attentats, guérilla et implantation locale. Les rivalités confessionnelles et politiques irakiennes s’aggravent. Al-Qaïda en Irak, dirigée notamment par Abou Moussab al-Zarqaoui, cherche explicitement à intensifier cette polarisation. La guerre devient donc asymétrique et fragmentée. La supériorité technologique américaine reste considérable, mais elle n’apporte pas automatiquement la connaissance des sociétés locales ni la légitimité politique nécessaire. L’Irak illustre parfaitement l’idée selon laquelle un conflit peut changer de nature : guerre interétatique, occupation, insurrection, violences entre groupes, lutte antiterroriste puis conflit contre Daech. Chaque phase exige des objectifs et des instruments différents.
Zoom
FICHE 42 / 45
