Introduction
La disparition de l’Union soviétique, le 26 décembre 1991, met fin à la guerre froide et au monde bipolaire organisé depuis 1947. Les États-Unis semblent avoir remporté l’affrontement entre les deux modèles. La démocratie libérale, l’économie de marché et le multilatéralisme paraissent pouvoir former les bases d’un ordre international plus pacifique. La guerre du Golfe de 1990-1991, conduite par une coalition autorisée par l’Organisation des Nations unies, illustre cet espoir d’une sécurité collective efficace. Au même moment, l’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud montre qu’une mobilisation intérieure soutenue par des pressions internationales peut mettre fin à un régime de ségrégation.
Cet optimisme est rapidement démenti. Les guerres de Yougoslavie, le génocide des Tutsi au Rwanda, les attentats du 11 septembre 2001 et les conflits du Moyen-Orient révèlent la persistance de violences de masse et l’apparition de menaces transnationales. L’ascension de la Chine, le retour de la puissance russe et l’affirmation de plusieurs puissances régionales font passer le monde de l’hyperpuissance américaine à une multipolarité instable. Les États coopèrent face au terrorisme, aux crises financières, aux déplacements forcés et au changement climatique, sans parvenir à effacer leurs intérêts divergents.
L’Europe et la France connaissent leur propre recomposition. L’Union européenne naît avec le traité de Maastricht, adopte l’euro et s’élargit à l’Est. Elle affronte aussi des crises de légitimité, de solidarité et de souveraineté qui culminent avec le Brexit. La Ve République française demeure stable tout en réformant ses institutions, son organisation territoriale et son droit. La parité, le pacte civil de solidarité, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et la réaffirmation de la laïcité traduisent des attentes nouvelles. Le thème étudie donc comment, depuis les années 1990, le monde, l’Europe et la France combinent coopérations, conflits et adaptations.